Bilan Prism'emploi : l'intérim chute de près de 9% en 2013

Les régions industrielles ont été les plus durement touchées

Le secteur de l'intérim reste durement impacté par la crise. Selon le rapport Économique et Social 2013 de Prism'emploi, publié début juillet, l'année dernière le secteur a accusé un repli de l’emploi intérimaire de – 8,8%.

Dans son rapport Economique et Social 2013, Prism'emploi (organisation professionnelle regroupant + de 600 entreprises représentant 90% du chiffre d'affaires de la profession) tire un triste bilan de l'année écoulée. En effet, le secteur a accusé un repli de – 8,8% en 2013 par rapport à 2012, ramenant l’intérim à 2,9% de l’emploi salarié, soit « l’un des niveaux les plus faibles observés depuis 2000 ». Cette baisse de près de 70.000 ETP « positionne l’intérim 20% en-dessous de la situation de 2007. » Le nombre de recrutements réalisés recule lui aussi : - 12% par rapport à 2012.

Les régions industrielles en première ligne

Selon Prism'emploi, le recul est généralisé, à quelques exceptions près, tant en terme de secteurs d'activité que de territoires. Dans le détail, le recul est le plus marqué dans l’industrie (- 5,3%, soit 217.316 salariés intérimaires ETP en 2013), tandis que le BTP et le tertiaire baissent respectivement de 1,4% (110.190 ETP en 2013) et 0,9% (179.816 ETP en 2013) par rapport à 2012. Seule exception, l’intérim progresse dans le secteur des transports, de l’entreposage, et de la logistique. « Le transport et l’entreposage comptabilisent en moyenne 54.451 salariés intérimaires ETP1, tandis que la logistique enregistre 8.579 ETP ».


En terme de territoires, logiquement les régions les plus touchées sont celles où l'industrie domine. Il s'agit notamment du Nord et de l'Est de la France, mais aussi de la Bretagne et des Pays de la Loire qui accusent un recul net «
en raison des difficultés rencontrées en 2013 par la filière agroalimentaire régionale. » Ainsi, globalement, le travail temporaire a diminué dans toutes les régions, à l’exception de l’Auvergne qui enregistre une augmentation d’1%.


Plus de seniors et plus de spécialités

Prism'emploi note que malgré cette baisse importante, le nombre d’agences d’emploi s’est maintenu en 2013 à 6.900 agences. Ces dernières ont toutefois du évoluer vers des missions d’intérim dit de spécialité. « En 2013, l’élévation du niveau de qualifications des salariés intérimaires s’est poursuivie. L’intérim « de spécialité », qui concerne les postes les plus qualifiés, représente plus de la moitié des effectifs (52,7% en 2013 contre 38,8% 15 ans plus tôt). »

Outre la spécialisation, Prism'emploi note un développement tendanciel de la pratique de l'intérim chez les seniors (52.640 salariés intérimaires équivalent temps plein en 2013) et les moins de 25 ans qui totalisent désormais «
24,8% de l’ensemble de l’emploi intérimaire, soit 126.336 jeunes intérimaires. » 2013 a également été marquée par deux avancées sociales majeures : Le CDI intérimaire et le Fonds de sécurisation des parcours des intérimaires (FSPI), qui instaure un nouveau dispositif d’une dotation de 0,5% de la masse salariale intérimaire.


Des perspectives 2014 plus stables

Pour 2014, les chiffres Prism'emploi attestent d'une stabilisation au premier semestre. Dans le détail, si durant les cinq premiers mois de l’année 2014, l’emploi intérimaire a enregistré en moyenne une baisse de 1,0% par rapport à la même période de 2013, « la tendance est caractérisée par un redressement progressif, passant de - 2,7% en janvier 2014 à 2,3% en mai. »

Preuve de ce redressement, au premier semestre 2014, l'intérim progresse dans trois secteurs : le commerce (+ 2,3%), l’industrie (+ 0,7%) et les transports (+ 0,4%). Le secteur des services est en légère baisse de 0,9%. Le BTP est toujours le secteur le plus touché et subit un recul de 10,6%. Du côté des recrutements, ils progressent sur les 5 premiers mois de l’année de 18% à 19.360 recrutements.

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